Nassogne
est un lieu très ancien situé sur
le passage d’une chaussée
romaine. « Nassonia » fut
le lieu de séjour d’un
empereur de Trêves, Valentinien
(vers 372).
De retour d’un pèlerinage à Rome,
au début du 7 ème siècle,
le diacre Monon, ami de St Jean l’Agneau, évêque
de Tongres, s’arrêta à Nassogne
et s’installa comme ermite :
il évangélisait et
invitait les gens à la conversion, à la
prière. L’histoire raconte
que devant lui, un porc fit sortir
de terre une clochette d’époque
ancienne, dont Monon se servit pour
appeler les gens à la prière.
Vers 636, les allées et venues
des fidèles à l’ermitage
de Monon dérangèrent
les brigands qui décidèrent
de le supprimer pendant sa prière
dans sa cellule.
Bien vite une église fut érigée à Nassogne
où est conservée la
châsse de Monon qui fut bien
vite reconnu par les gens comme un
saint ; un chapitre de chanoines était
chargé d’assurer la
prière : d’où le
nom de collégiale.
Aujourd’hui, la collégiale
sert d’église paroissiale ;
elle est aussi un lieu de pèlerinage
pour les cultivateurs et les éleveurs
qui viennent vénérer
leur saint patron, l’implorant
pour la protection des cultures et
du bétail. Ils viennent chaque
année pour les « remuages
de St Monon », le dimanche
qui suit l’Ascension. Avec
des branches ou des herbes, ils frottent
la châsse du saint et ramènent
celles-ci dans leurs étables.
Il n’y a plus grand-chose à voir
dans cette collégiale dont
la première construction date
probablement du 8 ème siècle :
le temps et les voleurs l’ont
vidée de son contenu. La châsse
de St Monon est une des rares traces
de l’histoire de la collégiale
toujours présente dans la
nef droite de l’édifice.
Ph. Guillaume,
curé |